Le piégeage « maison » au printemps est une pratique très répandue. Ce que dit réellement la recherche est plus nuancé que ce qu'on lit habituellement.
Chaque printemps, une reine fondatrice qui survit à l'hiver part seule fonder un nouveau nid. L'idée du piégeage de printemps est simple : capturer un maximum de ces reines avant qu'elles ne fondent une colonie, pour limiter le nombre de nids à venir.
Le Muséum national d'Histoire naturelle (MNHN) émet des réserves importantes sur cette pratique. Le printemps est déjà la période où la mortalité naturelle des reines fondatrices est la plus élevée, notamment par compétition entre elles pour les sites de nidification — une espèce produit plusieurs centaines de fondatrices potentielles par gros nid. Détruire une fondatrice à cette période ne fait alors, selon plusieurs études citées par le MNHN, que laisser la place à une autre. L'effet réel du piégeage sur la population globale de frelons reste à ce jour non démontré à grande échelle.
Les pièges vendus au grand public ne visent pas spécifiquement le frelon asiatique : ils attirent et capturent aussi des guêpes, des papillons et d'autres pollinisateurs utiles au jardin. Un piégeage massif et non encadré a donc un coût écologique réel, pour un bénéfice qui reste à prouver.
Le piégeage est déconseillé en dehors d'un cadre scientifique, et réservé aux situations où un rucher est fortement attaqué. Un programme d'évaluation de l'efficacité du piégeage des fondatrices, mené par l'ITSAP-Institut de l'abeille avec l'appui du MNHN, est en cours depuis 2016 dans un nombre limité de départements.
Contrairement au piégeage préventif, faire traiter un nid effectivement repéré par un professionnel certifié est une action ciblée et vérifiable. C'est tout l'objet de NidClair : déclarer un nid plutôt que d'agir à l'aveugle sur l'écosystème local, et trouver un professionnel vérifié pour le traiter.